Projecteur sur Écarlate
De leurs premières notes au secondaire jusqu’aux grandes scènes acadiennes, Écarlate se trace un chemin à travers le Canada et le monde, inspiré par la mer et la nostalgie du retour à la maison.
Dans cette entrevue, le trio revient sur son premier album Coup de soleil, la route et l’élan créatif qui le propulse vers 2026.
Votre premier album, Coup de soleil, a reçu un accueil très positif en 2025. Quels en sont les grands thèmes et quelles inspirations ont nourri sa création ?
Avec Coup de soleil, on a vraiment essayé de démontrer le cheminement qu’on a fait depuis notre premier EP, Fleur de peau, qui nous représente à l’adolescence. C’était vraiment important pour nous qu’une plus grande maturité se sente à travers les textes, mais aussi la musique, pour dépeindre comment on se sent vraiment maintenant, comme les textes sont si près de nous. Aussi, c’est certain, venant du Nouveau-Brunswick, on a tous.te.s un attachement très particulier à la plage et à la mer. Ces images-là nous habitent beaucoup, et après avoir passé plusieurs mois à Montréal, à s’ennuyer de la maison, revenir sur le bord de l’eau pour écrire, c’est toujours inspirant. Nous sommes trois personnes nostalgiques et rêveuses, donc cette énergie se transcrit grandement dans notre musique.
Avec le recul, quel souvenir de vos premières notes en tant que groupe demeure le plus marquant pour vous ?
On est assez chanceux d’avoir beaucoup de photos et de vidéos de nos débuts en tant que groupe, c’est vraiment fréquent qu’on retombe dedans et qu’on vienne un peu les larmes aux yeux ! Dans nos premières années, on a eu la chance de performer nos premières compositions à notre graduation du secondaire, devant nos familles et ami-es. Avec du recul, c’est certain que les tounes étaient un peu quétaines, mais c’est un souvenir qu’on chérit beaucoup, comme le secondaire a été un moment marquant pour nous en tant que groupe, et que ça bouclait bien la boucle de faire nos premiers pas devant les personnes qui nous ont vues grandir !
Quelle grande scène sur laquelle vous avez joué vous rend particulièrement fier.ère.s ?
En 2023, juste après la sortie de notre EP « Fleur de peau » nous avons ouvert le spectacle du 15 août du festival Acadie Rock à Moncton. C’était un moment vraiment magique, car toute notre communauté était là, et c’est un spectacle auquel on assiste tous les ans depuis qu’on est bébé, c’était vraiment un rêve pour nous de pouvoir y participer. On ouvrait pour Lou-Adriane Cassidy et Les Hôtesses D’Hilaire, des artistes qu’on aime et qu’on admire beaucoup.
Vous êtes trois musicien.ne.s aux styles distincts qui se rencontrent dans un projet commun. Comment s’articule votre processus créatif en groupe ? Où l’identité artistique de chacun.e rencontre-t-elle celle du groupe ?
On essaye toujours de laisser le plus de place à nos identités distinctes tout en gardant quelque chose de cohérent comme produit final. Lorsqu’on crée ensemble, on commence souvent par faire un gros « brainstorm » de textes et de compositions diversifiées qu’on a faites chacun-es de nos bords, et on adapte en fonction de nos envies du moment. C’est vraiment important pour nous d’aimer ce qu’on fait, et de créer quelque chose qu’on a nous aussi envie d’écouter. Les barèmes viennent plus tard dans le processus.
Vous êtes trois artistes originaires du Nouveau-Brunswick qui se font à présent une place sur les routes du Canada et du monde, à travers tournées et projets. Quel est votre rapport à votre Acadie d’origine, à la route et au changement de paysage ?
L’Acadie sera toujours pour nous synonyme de maison, de confort, de support et de sécurité. Le voyage et la tournée sont une façon pour nous d’aller se ressourcer ailleurs, d’étendre nos horizons, d’apprendre et de revenir à la maison avec plus d’outils et d’expériences. C’est tellement enrichissant de changer de paysages et de rencontrer de nouveaux visages, surtout avec la chance qu’on a de rencontrer plein de belles personnes ! Et quand on revient, c’est là qu’on apprécie le plus notre monde. Recevoir cet amour inconditionnel de notre communauté est une chance énorme qu’on a.
On vient de tourner la page vers l’année 2026 ! Quelle énergie, quelles envies ou quelles inspirations vous accompagnent pour cette nouvelle année, et qu’est-ce que vous souhaitez laisser en 2025 ?
Il y a un momentum tellement envoûtant dans le milieu de la musique en Acadie en ce moment et ça donne vraiment envie de créer ! Les femmes en Acadie et au Québec sont vraiment en train de dépasser les limites, sortir du cadre et oser. On a envie de faire pareil. De porter des messages forts dans notre musique et d’être des artistes ambitieux. Le climat politique est vraiment effrayant, mais c’est aussi pour ça qu’il faut faire le plus d’art possible, car on en a besoin ! On va essayer de laisser en 2025 le désir de perfection ! It’s time to have fun !

Crédit photo : Éléonore Delvaux-Beaudoin
Écarlate est financé par Musicaction via le programme Vitrines musicales (exclusivement dédiées aux communautés francophones à l’extérieur du Québec).