Profils
Types d'activités
Catégories de programme
21 avril 2026

Projecteur sur le Jazzlab Orchestra

Projecteur sur le Jazzlab Orchestra

Au lendemain de la sortie du nouvel album Glissement du Temps du Jazzlab Orchestra, Musicaction s’entretient avec Alain Bédard, fondateur de Disques Effendi, sur l’évolution de la scène jazz québécoise des dernières années.

Selon vous, en quoi la scène jazz a-t-elle évolué en 20 ans ? 

La scène jazz a profondément évolué au cours des 20 dernières années, notamment par une ouverture accrue aux influences multiples et par la venue de nouveaux jeunes artistes de qualité. Les frontières stylistiques se sont largement estompées : le jazz dialogue aujourd’hui sur une palette vraiment très large. On observe aussi une plus grande possibilité de projets et de parcours, avec une nouvelle génération d’artistes affirmant des identités fortes et singulières. Enfin, les modes de diffusion ont été transformés par le numérique, ce qui semble à la fois élargir les publics et les enjeux de visibilité.

Selon vous, en quoi le projet a-t-il évolué en 20 ans ? 

Le Jazzlab Orchestra s’est construit comme un véritable laboratoire de création, et cette identité s’est renforcée avec le temps. Au fil des années, le projet est devenu plus assumé artistiquement, avec une écriture plus approfondie, des collaborations plus ciblées et une vision plus claire de son rôle dans le paysage jazz. L’ensemble a aussi gagné en maturité collective : les échanges entre musiciens, la compréhension des langages de chacun et la capacité à porter des projets ambitieux se sont considérablement développés. Aujourd’hui, le Jazzlab est encore plus que jamais un espace de recherche, de transmission et de création à grande échelle.

Qu’avez-vous appris en 20 ans de création jazz ? 

En 20 ans, nous avons appris que la création en jazz repose avant tout sur les rencontres, les échangesles collaborations dans le temps. Rien ne remplace l’expérience accumulée, les rencontres humaines et les risques artistiques assumés. Nous avons aussi compris l’importance de persévérer, de rester fidèle à une vision tout en demeurant ouvert au changement. Le jazz est une musique vivante, en constante évolution et il faut savoir s’adapter sans perdre son identité.

Enfin, nous avons appris que les projets les plus marquants sont souvent ceux qui naissent d’un véritable engagement collectif, où chacun contribue à une œuvre plus grande que lui.

Qu’est-ce qui fait la marque du Jazzlab Orchestra ? 

La marque du Jazzlab Orchestra, c’est avant tout son identité de laboratoire de création. Depuis ses débuts, le projet se distingue par une volonté constante de mettre de l’avant des œuvres originales, portées par des compositeurs aux voix singulières. C’est aussi un espace de rencontres et de collaboration où des musiciens de divers horizons, de différentes générations et d’esthétiques diverses se retrouvent pour créer ensemble. Cette diversité nourrit une musique riche, exigeante et toujours en mouvement.

Enfin, le Jazzlab se caractérise par une recherche d’équilibre entre écriture et improvisation, entre rigueur et liberté. Chaque projet est pensé comme une œuvre à part entière, avec une signature forte, tout en laissant une place essentielle à l’expression individuelle. C’est cette combinaison de création, d’exigence artistique et d’esprit collectif qui définit, depuis 20 ans, l’ADN du Jazzlab Orchestra.

Quel souvenir en particulier retenez-vous des « premières notes » du Jazzlab Orchestra ? 

Le souvenir des premières notes, c’est celui d’un saut dans le vide : celui de rencontres exceptionnelles et inattendues entre musiciens anglophones et francophones, entre interprètes et compositeurs. Une énergie brute, une intensité palpable, et surtout cette sensation rare qu’un projet unique, fondé sur l’échange et la création, était en train de naître.

À l’inverse, quelle est la « grande scène » que vous n’oublierez jamais ? Pourquoi celle-ci est-elle si spéciale ?

Hum ! 

Difficile de bien répondre à ça… Il y a eu plusieurs grandes scènes inoubliables. Il y a eu sans doute certains concerts au festival de jazz de Vancouver, au Lincoln Center à New York, au BMC à Budapest et à la Casa del Jazz à Rome ; ces lieux chargés d’histoire et entièrement dédiés au jazz. Ces soirs-là, tout était réuni : une écoute exceptionnelle, une acoustique inspirante et une liberté totale dans le jeu. Ce qui a rendu ces moments si spéciaux, c’est surtout cette sensation inspirante que la musique circule pleinement, sans filtre, et que le lien entre les musiciens et le public devient presque tangible.

Une anecdote :

Lors d’une tournée organisée en Europe, on s’est retrouvés dans une drôle de situation. Après un premier concert à Paris au Théâtre de la Chapelle, on devait partir pour Amsterdam en avion – grève d’Air France – on s’est dit qu’on allait y aller en train – grève de la SNCF. Impasse totale ! On avait une seule journée libre pour se rendre en Hollande. J’ai fait des recherches et, grâce à mon permis pour conduire des autobus au Québec, j’ai pu louer un bus avec GPS pour faire pratiquement toutes les dates de la tournée. Donc on a roulé en Allemagne, en Hollande, en Belgique, au Luxembourg et surtout en France. Cela a été toute une aventure où on s’est hasardés dans des coins pas possibles où aucun bus ne pouvait passer. Surtout dans le Marais à Paris où conduire à reculons demandait une certaine ténacité et adresse.

Fermer
Abonnez-vous à notre infolettre

Je consens à recevoir des courriels

*Requis