Projecteur sur Tide School
Tandis que l’été commence (enfin !) à se pointer le bout du nez, Musicaction s’entretient avec Arthur Comeau de Tide School, une entreprise franco-néo-écossaise qui célèbre ses 10 ans et revendique fièrement sa « beach vibe ». De quoi nous faire rêver aux belles journées à venir !
Dans cet entretien, on discute de l’unicité de cette entreprise, de la scène néo-écossaise, ainsi que des premières notes et des grandes scènes qui ont marqué ces 10 premières années de l’entreprise. Bonne lecture !
En quelques mots, comment décrirais-tu Tide School, et qu’est-ce qui rend son modèle d’affaires unique ?
Tide School a commencé en 2016 comme un studio de production et de collaboration pour créer des sons hybrides et donner un espace aux artistes de se sentir libre et sans contraintes, comme des poissons dans l’eau. Ce qui rend notre modèle d’affaires unique, c’est que nous travaillons en collaboration avec plusieurs groupes et médiums de manière plutôt non exclusive, et nous n’avons jamais compté les heures sur nos projets créatifs. On fonctionne sur l’horloge des marées, ce qui est plus en lien avec la nature.
Arthur fait ici référence au « temps tidal » – cité comme philosophie de l’entreprise, qui se décrit comme suit :
Le temps industriel est linéaire : livrer, faire évoluer, passer à autre chose. Le temps tidal est cyclique : il monte, il descend, il revient différent.
Tide School fonctionne sur le temps tidal. Le plan de 12 mois suit l’année fiscale de Musicaction — d’avril à mars — mais le rythme plus profond est saisonnier : saison des festivals en été, production à l’automne, planification en hiver, sortie au printemps. Les courriels quotidiens, les tâches hebdomadaires, les demandes de subventions — ce ne sont pas des formalités bureaucratiques. C’est la discipline qui permet à la marée de porter quelque chose vers l’avant chaque fois qu’elle revient.
Après 10 ans d’activités dans le secteur musical francophone de la Nouvelle-Écosse, comment dirais-tu que celui-ci a évolué ?
On commence à voir des artistes réussir sans quitter le terrain; des artistes qui gèrent leur propre destin à partir de notre village comme P’tit Belliveau. Avant nous, il y avait Grand Dérangement et Blou, mais je dirais que les artistes d’aujourd’hui sont plus ancrés sur le terrain, car l’industrie locale se développe davantage et l’option de travailler plus localement devient davantage possible. Notamment des artistes tels que Vickie Deveau, Jacques Blinn, Guillaume Boulianne, Nick McLean, Mayaya et Normand Pothier qui sont très actifs localement sur plusieurs plans.
Avec le recul, quel souvenir gardes-tu des débuts ou des premières notes de Tide School ?
Notre album compilation Cute sorti en 2016 a marqué le début de beaucoup de nos artistes via un beau projet collaboratif. On pense notamment à P’tit Belliveau, Mike a Vik, Michael Saulnier et Denzel Subban, qui ont marqué notre son et qui ont fait des vagues sur la scène locale et nationale. Notre performance aux Francofolies à cette période était une bonne vague. Avant tout ça, le temps passé en studio en collaboration libre, c’était la vie en gold.
Peux-tu nommer une grande scène à laquelle Tide School a contribué et qui restera à jamais gravée dans la mémoire de l’entreprise ?
Le Festival Interceltique de Lorient avec Comté de Clare en 2019 était très énergisant et super. De bons souvenirs, comme on peut voir dans la vidéo ci-bas.
“Ce qui importe est de pouvoir faire de la musique tous les jours.” – On termine cette entrevue par les mots qui guident la vision de Tide School. On les félicite pour leurs 10 ans, et on leur souhaite de continuer à faire de la musique chaque jour pour les décennies à venir !

Tide School reçoit un soutien financier de Musicaction via le programme Soutien aux entrepreneur.e.s et organismes de la musique œuvrant au sein des CLOSM francophones.